
La nation québécoise et le sentiment mondial d’être berné
Toutefois, un énorme sentiment d’incrédulité monte devant tous ces chiffres astronomiques.

André Savard
Chronique d’André Savard
dimanche 12 avril 2009
Le Québec ne forme pas une nation à part. L’oncle Gustave dans la Beauce autant que Gustavo en Espagne voit les gouvernements essayer de réunir la somme pour aider la haute finance. Il voudrait bien cerner le problème. Or, on lui fait juste connaître le chiffre astronomique.
Le président Obama a frappé un grand coup en congédiant le président de General Motors. L’événement fut perçu comme un geste de courage sans précédent aux U.S.A. Un président relevait la tête devant les rois du capitalisme américain. L’acte venait à point pour soulager une opinion publique exaspérée par les primes versées par l’assureur AIG.
Aux dernières nouvelles, les primes ne furent pas remboursées au gouvernement. La compagnie a allégué que l’on ne revient pas sur un contrat. D’autres gestionnaires du monde de la haute finance ont d’ailleurs exprimé leur solidarité avec AIG. Ils reprirent cette idée de la prime au talent qui doit être versée d’autant plus que le talent est nécessaire en des temps difficiles.
Beaucoup de commentateurs proches des milieux financiers ont prévenu que toute intervention légale de la part de Washington serait inefficace. Rien n’empêcherait les primes au talent d’être versées. Si ce n’était pas par le truchement de clauses contractuelles, ce serait par des redevances aux actionnaires privilégiées. Après la crise comme avant, la bonne vieille rhétorique voulant que rien n’empêche le capitalisme de récompenser le mérite individuel sert de bannière à des exactions depuis longtemps devenues pratiques courantes.
Le sommet du G 20 nous a permis d’apprendre que 9 300 milliards de dollars sont empilés dans les paradis fiscaux. Pendant ce temps, les Etats doivent s’endetter pour, à ce que l’on comprend, permettre aux hautes instances financières de faire crédit à tout le monde présentant des actifs acceptables.
B ) Les premiers 300 milliards versés par Washington se seraient évanouis sans laisser de traces. Comment peut-on dilapider 300 milliards en deux mois sans document et sans agent du fisc à ses trousses ? Il paraît qu’on avait sous-estimé le pouvoir de ces fonds privilégiés pour investisseurs émérites.
(...)
Et, en passant, l’enveloppe budgétaire allouée qui, dit-on, endettera pour des générations des Etats déjà endettés, demeure moins importantes que les 9 300 milliards de dollars déposés par les riches sociétés et les riches individus dans les paradis fiscaux. Obama se démène, Sarkozy s’éponge le front. Même Harper a des sueurs froides qui, selon la BBC, l’obligent à faire une pause-toilette. Toutefois, un énorme sentiment d’incrédulité monte devant tous ces chiffres astronomiques.
C’est qu’il ne faut pas oublier que même les classes moyennes des pays qui se classent dans le G-20 doivent, pour arriver à joindre les deux bouts, budgéter afin d’employer chaque cinquante dollars au maximum. Un vingt dollars mal placés peut presque causer une querelle de ménage. On ne parlera pas du reste de la population mondiale. Si la terre était un village de 100 habitants, 63 vivraient avec moins de deux dollars par jour. Au sortir de la crise, se demande-t-on, serons-nous plus riches ou aurons-nous simplement plus d’offres de crédit dans nos boîtes aux lettres ?
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Publié par : Sergio De Rosemont
à 21:48:30
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Catégories : Politique, Économie